ET SI C’ ETAIT UN BURN-OUT ?

Du plaisir à l’épuisement professionnel: 4 phases caractéristiques

Le cabinet Technologia a identifié quatre phases bien distinctes dans son étude sur le burn-out. Si ces phases peuvent varier d’un individu à un autre et à travers le temps, si elles dépendent pour partie du type de travail effectué et du mode de relation hiérarchique, elles n’en demeurent pas moins relativement constantes.

Phase 1: le plaisir au travail

Satisfaction professionnelle, implication forte, engagement constant, acceptation des aspects négatifs du travail et persévérance dans les tâches entreprises: c’est le temps où le salarié a le sentiment d’être justement récompensé des efforts qu’il entreprend.

Phase 2: le sur engagement

La motivation et la satisfaction restent fortes. Toutefois, la sphère du travail envahit progressivement tout le champ intérieur du salarié, qui accorde moins d’importance à ses besoins personnels, qu’il s’agisse de la pratique d’un sport, de sorties entre amis ou de loisirs réguliers. Le temps de travail dépasse allègrement les 50 heures hebdomadaires, ce dont commencent à se plaindre l’entourage et la famille. Quant aux signes de fatigue physique, ils sont ignorés – ou, à tout le moins, largement minimisés par le salarié.

Phase 3: l’acharnement frénétique

L’idée même de plaisir au travail s’efface progressivement devant l’accumulation de contraintes. De façon symétrique, l’anxiété grandit, l’estime de soi diminue peu à peu, et le salarié fait preuve de moins d’empathie que par le passé. Des signes négatifs apparaissent (critique du management, agressions verbales de collègues…), le caractère compulsif de sur-engagement devient évident, y compris dans la sphère privée.

Phase 4: l’effondrement

Dernière phase d’un long processus qui peut durer des mois, l’effondrement succède au “décrochage” semblable à celui que connait un avion durant un trou d’air. Le salarié “craque” littéralement, ayant perdu toute capacité d’initiative. Le cynisme peut alors céder le pas à la violence, y compris physique: des collègues, des usagers, des clients peuvent en faire les frais.

Cet effondrement de la personnalité affecte toutes les dimensions du salarié: psychique, émotionnelle et physique. Celui-ci peut se traduire par une dépression majeure. Et le risque de passage à l’acte suicidaire n’est surtout pas à prendre à la légère.

Prendre le temps de s’interroger

Il est possible d’éviter cet effondrement si le burn-out est décelé à temps. Pour cela, il faut être attentif aux manifestations qui le précèdent, et ne pas négliger les alertes que peuvent lancer les proches…
Les signes les plus reconnaissables sont les troubles du sommeil, lorsqu’ils deviennent chroniques. Tout comme l’apparition de troubles musculo-squelettiques (torticolis, maux de dos…), de problèmes dermatologiques (eczéma, psoriasis…) ou encore de changements d’humeur fréquents.
C’est à ce moment que l’on doit se poser quelques questions : mon travail n’empiète-t-il pas trop sur ma vie privée ? Est-ce que je dépasse mes limites ? Mon caractère a-t-il changé ? Et est-ce que j’ai toujours autant de plaisir à travailler ?…
Il est aussi impératif de se faire aider par son médecin du travail ou son médecin traitant, qui prescrira éventuellement un arrêt pour pouvoir se reposer et reprendre pied. Et d’alerter selon le contexte son manager, les délégués du personnel, les membres du CHST ou la Direction des ressources humaines.

Sources :
– Essentiel Santé Magazine – Union Harmonie Mutuelles – décembre 2014
– En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/emploi/burn-out-les-signes-qui-doivent-vous-alerter_1528607.html?xtmc=technologia&xtcr=1#2MZtrDZLb8fcO3F7.99